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L'échelle de refroidissement

La multiplication des vagues de chaleur montre clairement que le débat se réduit aujourd'hui trop souvent à la question médiatique immédiate de la climatisation. Or, le défi est fondamentalement plus large.

Nous avons besoin d’un cadre politique proactif et structurel qui :

  • protège les habitants contre le stress thermique
  • soulage le réseau électrique pendant les périodes de pointe
  • et évite de nouveaux « lock-in » technologiques à l’avenir

C’est pourquoi l’organisation européenne des systèmes de protection solaire ( ES-SO)  a élaboré une prise de position avec une orientation claire : l’ancrage d’une « échelle de refroidissement » dans la politique.

Cette approche instaure une hiérarchie claire dans les stratégies de refroidissement :

  • Créer un environnement frais grâce à l'urbanisme et aux espaces verts
  • Empêcher la chaleur de pénétrer en réduisant le rayonnement solaire et les apports thermiques externes au moyen de protections solaires et isolation
  • Puis recourir au refroidissement passif notamment par des stratégies de ventilation et de refroidissement naturel

Ce n’est qu’ensuite qu’il faut recourir au refroidissement actif, et ce, de la manière la plus efficace possible, par exemple à l’aide de pompes à chaleur

Cette logique s’inscrit dans le droit fil de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB) et renforce le principe de « l’efficacité énergétique d’abord », tout en accordant une attention particulière à la résilience climatique et au confort.

Une dépendance exclusive au refroidissement actif fait encore grimper la consommation d’énergie pendant les vagues de chaleur, précisément au moment où le réseau électrique est déjà sous pression. Cela rend le refroidissement plus coûteux, moins efficace et moins résilient.

L’« échelle de refroidissement » offre une alternative : limiter d’abord la demande de refroidissement, puis seulement ensuite recourir à des installations techniques. Cela conduit à un parc immobilier plus résilient, plus efficace et mieux préparé pour l’avenir.

Important : il ne s’agit pas d’ajouter des obligations supplémentaires, mais de mettre en œuvre de manière cohérente et systématique les objectifs existants de la directive PEB en Europe, en tenant compte de l’impact systémique et sans dépendance excessive à l’égard du refroidissement actif.

La balle est désormais dans le camp des décideurs politiques pour traduire ces conclusions en mesures concrètes et efficaces.

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